« Les feux de Qayyarah » 

Exposition de photographies d’Edouard Elias

La galerie est ouverte de 14H à 19H00 ou le matin sur rendez-vous 

pour prendre RV veuillez écrire à pablo@garedemarlon.com

 

 

« L’air est âcre et épais. Au bord de la flamme, de petites silhouettes se meuvent, noires contre le orange du feu. Leurs gestes sont comme entravés, leurs pieds comme collés au sol sombre et luisant. Plus on se rapproche, plus la chaleur saisit. Le souffle de l’air se fait brûlant, tire la peau, pique les narines, la gorge et les yeux, la respiration se fait heurtée.

Les visages des hommes sont à peine couverts par des foulards ou des masques de chantiers, leurs crânes protégés par des casques. Ils portent de lourdes bottes, des combinaisons rouges et des vestes de ciré jaunes maculées de gouttes noires. Ce sont des pompiers. Pas n’importe quels pompiers : ils travaillent pour la compagnie pétrolière irakienne Naft Shamal (« Pétrole du Nord » en arabe).

Ce sont des spécialistes. Peu d’hommes osent faire le métier qui est le leur : s’approcher au plus près des feux de pétrole et de gaz pour les amadouer, les maîtriser et les éteindre. Ici, depuis trois semaines, heure après heure, jour après jour, ils affrontent la bête monstrueuse qu’est le puits 77 en feu. Devant lui, les qualificatifs manquent. On pourrait le décrire dantesque ou sorti des enfers, gueule brûlante d’un monstre souterrain, qu’on ne réussirait pas à rendre cette force du pétrole qui brûle en jaillissant sans aucun contrôle. Les hommes du puits 77 combattent avec leur savoir-faire, leur courage, leur ténacité bien plus qu’avec des moyens techniques dérisoires. »

 

Gwenaëlle Lenoir

 

 

 

 

 

 

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