Biographie

Né à Bruxelles en 1938, Camille De Taeye débute sa carrière picturale dans les années 60 et expose dès 1965 dans sa ville natale. Après avoir été initié à la peinture contemporaine par Jean Guiraud, il suivit l’enseignement non moins progressiste de Gaston Bertrand, duquel il fut l’élève à l’Institut Supérieur Saint- Luc de Bruxelles de 1958 à 1962, avant de prendre la direction de l’atelier de peinture du maître de 1964 à 1971 et de lui succéder comme professeur. De Taeye trouve alors sa propre voie dans la collecte d’images contradictoires qui le conforte dans l’idée que la vérité poétique réside dans les rencontres imprévisibles. En 1984, l’écrivain et critique d’art Jacques Meuris lui consacre une première monographie, année où les Musées royaux des Beaux-Arts de Bruxelles acquièrent un ensemble de quatre toiles de l’artiste. Une seconde monographie lui sera consacrée en 1992, sous la plume de la critique d’art Danièle Gillemon, quelques années après une rétrospective de son œuvre qu’organisa le Musée communal d’Ixelles en 1987. De 1992 à 1999, Camille De Taeye enseigne la peinture à l’ENSAV La Cambre de Bruxelles. De nombreuses expositions personnelles et collectives lui furent consacrées en Belgique et à l’étranger (Tokyo, São Paulo, Cologne, Lyon,…). Une toile monumentale de l’artiste est installée à la station Eddy Merckx du métro bruxellois depuis 2000 et son œuvre figure dans les plus importantes collections publiques belges, tels l’Etat belge, les Communautés française et flamande, les Musées royaux des Beaux-Arts de Bruxelles, le Musée communal d’Ixelles, le PMMK d’Ostende, le Musée de Louvain-la-Neuve, etc. Comme l’évoqua Jacques Meuris en 1984 dans la monographie qu’il consacra à l’artiste : « Peindre sera, pour De Taeye, tourner autour d’un objet enclencheur, l’assembler avec d’autres objets, figures, paysages, les juxtaposer, pratiquer le plus souvent une sorte de collage toujours risqué, car il faut que le collage, que le leurre fasse vérité ». Des images irrationnelles qui violentent le sens commun parce que résultant de greffes inattendues entre les choses et de confrontations improbables sinon impossibles d’objets contraires : tel est le constat principal qui fut établi dès 7 Galerie Exposition CAMILLE DE TAEYE – Dossier de Presse lors que Camille De Taeye présenta, au milieu des années 70, des œuvres d’autant plus troublantes et énigmatiques qu’elles recouraient, pour s’imposer, à un langage plastique des plus illusionnistes, où l’artiste se révèle véritable magicien d’un métier réaliste au velouté incomparable, surtout lorsqu’il y mêle le dessin. Il n’en fallut pas davantage pour voir en Camille De Taeye, qualifié de néo-surréaliste, un digne héritier de Magritte, encore que la facture réaliste de ce dernier se voulait sèche et standardisée, que par ailleurs les associations mentales chez De Taeye relèvent sans doute d’un imaginaire d’une autre nature, sans parler, heureusement, d’un répertoire iconographique tout à fait personnel peu en rapport avec celui de Magritte. Du reste, l’enseignement qu’il reçut à Saint-Luc chez Gaston Bertrand et le climat des années 60 axé sur les expériences non figuratives, expliquent sans doute les œuvres allusivement figuratives aux découpes syncopées des années 1965-1975. Au-delà du sujet décrypté au premier degré, l’œuvre de Camille De Taeye offre des ouvertures de l’imaginaire qui débouchent sur des univers aux résonances multiples telles qu’elles apparaissent aussi dans la peinture dite abstraite, grâce aux sortilèges spécifiques de la peinture, du dessin et de la couleur.

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